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Ueshiba Morihei, fondateur de l’Aikido

ueshiba_morihei_rnd.jpgLe fondateur de l’Aikido, Ueshiba Morihei, est né dans la ville de Tanabe, Japon. Il commença jeune l’entraînement aux arts martiaux, et débuta l’étude de plusieurs différents arts martiaux à 19ans. Il créa ensuite son propre art martial original basé sur ses expériences. Il nomma cet art « Aikido » en 1922. L’Aikido gagna en popularité dans les années à suivre à la fois au niveau national et international. La ville de Tanabe lui alloua le statut de citoyen honoraire en 1969 pour célébrer ses accomplissements. 

« Aikido » est reconnu pour sa technique de neutralisation de l’adversaire à l’instant du premier contact. Cependant, cet art se différencie des autres sports ou arts martiaux en ce sens que le but ultime n’est ni de vaincre l’adversaire, ni de faire compétition. Ueshiba disait toujours :« Le but de l’Aikido n’est pas de vaincre son ennemi. C’est plutôt un moyen pour unifier les êtres humains et guider le monde vers l’harmonie ». Il a aussi déclaré que l’Aikido est un art martial mettant l’accent sur le développement de l’individu à travers l’entraînement et la constante quête d’amélioration. Ainsi, Ueshiba croyait que « l’Aikido est un guide pour l’individu, pour l’amener à réaliser sa propre destinée. C’est le parcours pour atteindre l’amour et l’harmonie. »

Ses idéaux se sont étendus au-delà du Japon et se sont développés en l’une des plus importantes écoles d’arts martiaux au monde. En 1988, le 5e Congrès International d’Aikido a eu lieu ici, à Tanabe. La ville construisit une statue de bronze d’Ueshiba dans le parc d’Ogigahama, pour commémorer l’évènement. Le 10e Congrès International d’Aikido se tiendra aussi à Tanabe, en octobre 2008. La tombe de la famille Ueshiba, l’ancienne résidence d’Ueshiba Morihei, le monument et autres sites historiques reliés ont été préservés en mémoire de ses accomplissements.

Enfance

Ueshiba Morihei est né le14 décembre 1883 dans le village de Nishitani (connu aujourd’hui sous le nom de Motomachi, et faisant partie de la ville de Tanabe), compté de Nichimurou, préfecture de Wakayama. Il était le premier-né d’un couple de fermiers, Ueshiba Yoroku et sa femme, Yuki. Après avoir complété l’école primaire, il fréquenta l’école intermédiaire (middle school / collège) Wakayama Daini Junjo. Cependant, il abandonna cette école après sa première année et s’inscrit plutôt à l’Académie Abacus Yoshida afin d’étudier l’abaque (boulier). En utilisant les compétences acquises à cette école, Il devint un agent du fisc. 

Toutefois, en 1901, de nouvelles lois furent établies provoquant une augmentation substantielle des impôts pour les pêcheurs locaux. Ueshiba sympathisa avec les pêcheurs et mit de côté son travail pour manifester avec eux, et il donna sa démission peu de temps après. Il décida d’aller chercher du travail à Tokyo et y déménagea à l’âge de 18ans.

Chemin vers les Arts Martiaux

Malgré toutes les épreuves qu’il vécut à Tokyo, Ueshiba continua d’étudier, tout d’abord à l’école de Judo Kitou, et ensuite avec l’école de Kendo Shinkage. À cause de sa santé, il dut cependant rentrer à Wakayama, où il se maria avec une amie d’enfance, Hatsu Itogawa (née en 1881). Il entra ensuite dans l’armée sous le 37e régiment de la 4e division d’Osaka. 

Ueshiba participa à la Guerre Russo-Japonaise en 1905 et, au vu de sa performance exceptionnelle, on lui a ensuite conseillé d’entrer l’académie militaire. Cependant, Ueshiba quitta l’armée et retourna plutôt chez lui afin de continuer l’entreprise familiale. Tout en cultivant sa terre et en s’entraînant, Ueshiba fit la rencontre du maître de Judo Kodokan, Takagi Kiyoshi qui visitait Tanabe à ce moment. Ueshiba transforma alors une partie de sa maison en dojo afin que Takagi puisse enseigner son art, à lui ainsi qu’aux autres jeunes du village. Pendant ce temps, le gouvernement Meiji déclara que les sanctuaires locaux devaient être fusionnés. Avec l’aide du naturaliste Minakata Kumagusu, Ueshiba et les jeunes de la localité firent campagne contre cette nouvelle politique, ce qui aida à minimiser les dommages encourus par les sanctuaires historiques de le région. 

Implantation à Hokkaido

hokkaido_ueshiba_morihei.jpgAu printemps de 1910, Ueshiba Morihei entendit parler d’un effort de recrutement pour coloniser l’île d’Hokkaido. Il rassembla des volontaires auprès de 54 familles locales, totalisant environ 80 personnes, pour fonder un nouveau village à Hokkaido. Il organisa les volontaires et forma le « groupe Kishu », qu’il mena ensuite au village Kamiyuubetsu (actuellement Shirataki, dans le comté de Monbetsu) où ils s’implantèrent. La colonie ne fut solidement établie que deux ans plus tard, les retards étant principalement dû aux conditions difficiles. Ueshiba Morihei était alors surnommé le « Roi de Shirataki » par les villageois. Même dans ces conditions difficiles, la dévotion d’Ueshiba pour les arts martiaux ne s’abattit pas. Durant cette période, il rencontra Takeda Sokaku, maître du Daito-ryu Jujutsu dans un hôtel du comté de Engaru, et l’invita à rendre visite à son village pour s’entraîner. Le 23 mai 1917, un incendie dévasta presque toute la nouvelle colonie. Ueshiba Morihei et les villageois ne baissèrent cependant pas les bras et coopérèrent afin de reconstruire le village. En 1918, Ueshiba fut même nommé représentant du village, mais il reçut un télégraphe l’informant de la maladie grave de son père et dut rentrer de toute urgence à Wakayama, laissant derrière lui sa fonction et sa propriété.

L’école Ueshiba à Ayabe, Kyoto

Durant son voyage de retour, Ueshiba entendit parler d’un endroit à Ayabe où l’on peut prier pour la guérison de proches. Il s’y arrêta donc en chemin et y rencontra le chef spirituel de la secte Omoto-kyo, Deguchi Onisaburo, qui lui exposa les voies de la vie. Malheureusement, lorsqu’enfin Ueshiba arriva à Tanabe, son père avait déjà rendu l’âme. 

En 1920, Ueshiba et sa famille déménagèrent à Ayabe, Kyoto. Il continua à entraîner son corps et son esprit, et fonda « l’école Ueshiba ». Il s’entraînait avec ses disciples sous le principe primordial de l’école, qui combinait l’art martial et l’agriculture. Durant la même période, Aiki-bujutsu, l’art martial combinant l’énergie du cœur, du corps et de l’esprit, prenait graduellement forme. 

La croissance de l’Aikido

ueshiba-morihei-aikido_rd.jpgComme l’Aikido gagnait en réputation, l’Amiral Takeshita Isamu invita Ueshiba et ses élèves à faire une démonstration d’Aiki Bujutsu à Tokyo. Leur performance impressionna même les membres de l’Agence de la Résidence Impériale, ce qui donna lieu à une présentation spéciale qui dura 21 jours. Après l’immense succès de cette démonstration, Ueshiba Morihei reçut maintes invitations de célébrités et d’officiers de la marine pour effectuer d’autres présentations. C’est pour cette raison qu’Ueshiba décida de déménager à Tokyo avec sa famille en 1927, et d’y établir un Dojo temporaire dans sa nouvelle résidence. Tout en enseignant l’Aikido, il travaillait aussi en tant qu’instructeur d’arts martiaux pour le Collège de la Marine, propageant ainsi les idéaux de l’Aiki Bujutsu. Grâce à la popularité grandissante de l’Aikido, Ueshiba entreprit la construction de son propre Dojo. Durant la même période, il ouvrit un autre Dojo temporaire à Shimo Ochiai, Mejiro. Lorsque Kano Jigoro, fondateur du Judo Koudoukan, visita ce dojo, l’entraînement balancé de l’esprit, du corps et de l’énergie spirituelle de l’Aikido l’impressionna à un point tel qu’il envoya ses propres élèves au Dojo d’Ueshiba pour apprendre l’Aikido.

En avril 1931, le premier Dojo officiel, Kobukan (maintenant connu sous le nom d’Aikikai Hombu Dojo), situé à Ushigome, ville de Wakamatsu (actuellement connue sous le nom de Wakamatsu-machi, district de Shinjuku) ouvrit finalement ses portes. On le surnommait « Dojo infernal » et il hébergeait plusieurs des plus doués disciples privés d’Ueshiba. Après l’ouverture de Kobukan, Ueshiba ouvrit plusieurs autres Dojo à Tokyo et Osaka, et changea le nom de « Aiki bujutsu » pour « Aiki Budo ». Le 30 avril 1940, le ministère de la santé et des services sociaux accrédita l’Aikido sous le nom « Fondation Kobukai ». En 1942, « Aiki Budo » changea de nom pour la dernière fois et devint « Aikido » tel que connu aujourd’hui. 

Combiner art martial et agriculture

aiki-jinja-shrine-ueshiba-morihei_rd.jpgDans le but d’atteindre l’idéal selon lequel l’art martial et l’agriculture partagent les mêmes racines, Ueshiba alla vivre dans la ville d’Iwama, préfecture d’Ibaraki. Tout en défrichant des terres forestières, il passa deux ans, de 1943 à 1945, à construire le sanctuaire et terrain d’entraînement Aiki. Cette ville devint le nouveau bastion de l’Aikido après la Seconde Guerre Mondiale. En 1948, le ministère de l’éducation accrédita la « Fondation Aikikai ».

L’Essence de l’Art Martial de l’Harmonie

aikido-demonstration-ueshiba-morihei_rd.jpgAprès avoir maîtrisé la voie de l’Aikido dans la ville de Iwama, Ueshiba Morihei recommença encore une fois à promouvoir les arts martiaux en 1950. À 70ans, ses techniques étaient si matures et si complètes qu’elles représentaient parfaitement l’idéal de l’harmonie. 

ueshiba-morihei_rd.jpgEn 1956, Ueshiba invita les ambassadeurs et ministres de partout dans le monde à une démonstration qui était aussi la première de ce genre depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. La Société du Réseau de Télévision Nippone produisit un programme intitulé « Le Trône de l’Aikido » en 1960. Ueshiba reçut la Médaille Shiju pour ses accomplissements. De plus, il reçut une médaille Kyokujitsu en 1964.

Les derniers moments d’Ueshiba Morihei

ueshiba-morihei-gravesite_rd.jpgEn 1969, Ueshiba s’est vu remettre la citoyenneté honoraire de la ville de Tanabe, Wakayama, ainsi que la citoyenneté honoraire de la ville de Iwama. Ueshiba Morihei quitta ce monde le 26 avril de la même année, à l’âge de 86 ans. Il reçut l’honneur posthume de la Seigoi Gunsantou Zuihoe (médaille de l’ordre des trésors sacrés). Les villes de Tokyo, Iwama et Tanabe tinrent un service commémoratif à son honneur le 2 mai. Ses restes sont enterrés à Kozan-ji, dans la ville de Tanabe, et sa tombe demeure à ce jour un lieu de pèlerinage pour les adeptes de l’Aikido.


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