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Histoire du pèlerinage de Kumano

Création

Kumano est reconnu comme étant un site sacré associé au culte de la nature depuis les temps préhistoriques. Lorsque le Bouddhisme fait sont entrée au Japon au cours du 6e siècle, cette région devient un site de pratiques ascètes. Alors que le Shinto et le Bouddhisme se confondent, les croyances reliant Kumano à la Terre Pure Bouddhiste prennent de l’ampleur. Les 9e et 10e siècles voient la période formatrice des sites sacrés tels qu’ils sont aujourd’hui.

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Âge d’or Impérial

Le 11e siècle marque le début présumé d’une période appelée Mappo au cours de laquelle la croyance religieuse prévoit le déclin des pouvoirs du Buddha et le tourment de la société. Le premier voyage d’un Empereur dans la région se déroule durant cette période. Au cours des 11e et 13e siècles, la famille impériale effectue près de 100 pèlerinages vers Kumano. Avec la répétition de ces pèlerinages de grande envergure, une succession de sanctuaires et hébergements sont construits et améliorés avec les années. C’est durant cette période que les bâtiments importants du territoire, leur forme et leur taille, sont développés. Des organisations sont aussi créées pour soutenir la région. L’ampleur du nombre de pèlerins vers Kumano excède de loin tout autre site sacré au Japon.

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L’ascension des Samurai

La fin du 12e siècle voit l’ascension des familles militaires alors qu’un gouvernement féodal s’accapare l’autorité.

Au début du 13e siècle, l’Empereur Gotoba échoue dans sa tentative de reprendre le pouvoir. Ceci met une fin aux pèlerinages impériaux, mais les aristocrates et les Samurai continuent la tradition.

Du 14e au 16e siècle, les samurai gardent fermement la main sur l’autorité dirigeante alors qu’à plusieurs niveaux, la lutte pour le pouvoir continue entre la famille impériale et les aristocrates. Puisque Kumano est perçue comme proche de la capitale impériale, la région en souffre.

Aux 15e et 16e siècles, le gouvernement s’affaiblit et une période de guerre civile et de tumultes s’amorce. Les bases financières des sanctuaires sont largement prises en charge par ces mêmes seigneurs féodaux qui s’affrontent alors. Malgré les changements fréquents au pouvoir, puisque les sanctuaires de Kumano sont considérés comme très sacrés, chaque seigneur victorieux fait toujours fidèlement don.

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Accroissement des pèlerins d’origine populaire

Au cours du 15e siècle, alors que la capacité de production s’améliore et que l’économie monétaire progresse, les citoyens aisés effectuent eux aussi des pèlerinages vers Kumano. C’est aussi à cette période que la coutume d’effectuer des pèlerinages vers les sites sacrés s’étend des samurai au grand public.

Les nonnes Bikuni de Kumano sont très actives durant la période du 16e au 18e siècle et répandent les croyances de Kumano à travers le Japon.

Du 17e à la fin du 19e siècle, le puissant gouvernement féodal des Tokugawa s’établit à Edo, l’actuelle ville de Tokyo. S’en découle 270 ans de paix, maintenue sous la dominance de la classe Samurai. La croissance économique et le développement du système monétaire voient une augmentation du nombre d’artisans urbains et de marchants ayant des revenus élevés et démontrant de l’intérêt pour le voyage. Ces marchants se rendent aussi à Kumano. Durant la même période, les routes et autres infrastructures de pèlerinage, incluant l’hébergement pour les pèlerins, sont construits ou l’améliorés. Grâce à ces développements et aux conditions de voyage sécuritaires rendues possible par la stabilité politique du régime Tokugawa, le nombre de pèlerins vers Kumano augmente.

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Déclin et destruction

À la fin du 19e siècle, le Japon est forcé de s’ouvrir au monde extérieur. En 1868, la Restauration Meiji voit l’effondrement du système féodal et le début d’une période de changements dramatiques. Le Japon évolue rapidement vers un état moderne afin d’être compétitif avec les pays de l’Ouest.

Le nouveau gouvernement prend de strictes mesures pour contrôler la religion au Japon, et émet le décret de Séparation du Bouddhisme et du Shintoïsme. Il prohibe aussi le syncrétisme Shinto-Bouddhiste et bannit complètement le Shugendo. Des milliers de temples sont détruits et des complexes incorporant des institutions à la fois Shinto et Bouddhiste se voient forcés de faire un choix. Par exemple, toutes les statues et objets reliés au Bouddhisme sont retirés du Grand Sanctuaire de Kumano Hongu Taisha.

La perte d’artéfacts culturels est énorme, plusieurs étant perdu au mains de ressortissants étrangers. Au début du 20e siècle, le gouvernement instaure certaines lois de préservation culturelle. Il y a subséquemment une très grande baisse du nombre de pèlerins durant la seconde guerre mondiale.
Après la guerre, la demande en bois d’œuvre durant la période de redressement augmente l’influence de l’industrie forestière, et une grande partie du territoire est transformée en plantation de cèdres et de cyprès. Depuis 1950, l’accroissement des zones développées et de l’infrastructure de transport tels les routes et les chemins de fer, ont drastiquement altéré les chemins de pèlerinage. De larges tronçons des sentiers de montagne sont délaissés et deviennent envahis par la végétation.

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Redécouverte, revitalisation et reconnaissance

La fin des années 1990 voit une recrudescence de gens empruntant les anciens sentiers de pèlerinage en montagne. Puis, en 2004, avec l’enregistrement de la région sur la liste du Patrimoine Mondial de l’UNESCO en tant que « Sites sacrés et chemins de pèlerinage dans les Monts Kii », le nombre de visiteurs augmente dramatiquement. Les montagnes sacrées de Kumano sont à nouveau découvertes par les japonais contemporains recherchant leur racines spirituelles, ainsi que le mode de vie traditionnel des campagnes, dissout depuis longtemps par les villes modernes japonaises.


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